Prose

Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 20:12
C'est une jolie petite maison à la campagne, des lierres courrent sur la façade, les volets sont grands ouverts sur
l'été.
Un jeune homme venu de la ville, pas le moins du monde manuel,  plutot du genre fragile et maladroit,  tient  cependant dans ses mains un gros marteau. Il fixe de ses beaux yeux bleus un pauvre clou inutile et rouillé qui dépasse du mur, il
veut faire disparaître cette ferraille et se demande comment il faut lui  taper  sur la tête pour aller vite et sans casse.

Les voisins intrigués par le manège du jeune homme sortent chacun leur tour, et chacun y va de son conseil  :  à  petits coups,  d'un  seul coup  sec au  centre,  avec  un  marteau  plus gros,  plus  fin, avec un maillet en bois etc... etc...

Les heures passent, les  gens  ont  regagné  leur foyer, le soleil s'en va rêver de l'autre côté   de l'horizon, et le jeune homme exaspéré de tous ces avis contradictoires doit prendre une décision.

A la lumière tombée, quand le crépuscule est mauve, son bras se lève. Le geste dans l'ombre parait démesuré, la détente aprés l'attente, les divergences, les hésitations. Son bras s'abat, le marteau ne dévit pas, la maison tremble,
mais le clou à disparu loin loin dans les pierres, plus loin encore peut-être.

Le jeune homme laisse retomber son bras et le marteau satisfait.

Il n'y a qu'une façon d'enfoncer le clou....   
Par clément christine - Publié dans : Prose
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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 19:24

Il serait bien temps qu’elle aime, qu’elle dépose en offrande des gerbes de tendresse là où elle avait semé la mort, puisque c’est le dernier jour, puisqu’elle le sait, puisqu’elle s’en va, cendres dans les cendres…  
Dieu est mort ce soir, déflorant à jamais un mystique poème étendu dans sa chair, dans son cri unique est clair… Que laisse t-il en ce matin de ce qui pourrait ressusciter, revivre ailleurs qu’en lui ? En son nom, en son esprit en son chant ? Pas elle qui depuis longtemps c’est enfuit…D’ailleurs elle ne s’enfuyait que dans sa sollicitude, « Maintenant du dois te débrouiller » avait-il dit. Générosité cruelle des hommes que le miroir a quitté, il a tourné le dos à leur histoire comme s’il avait simplement soufflé une bougie et détourné la vie. Elle s’est éteinte enterrant avec elle tous ces mondes… Elle est injuste elle le sait, personne ne passe sa vie à dessiner des cœurs pour le néant… Elle était, elle est, le néant et le drame passé, présent, futur..

Par clément christine - Publié dans : Prose
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 19:20

J’écris une lettre, je peux écrire une lettre, je dois écrire une lettre ! Lettre à qui ? Oh à personne ou à peu importe, à celui ou celle qui passe, à Mr le vent, à Dieu le père, à la vipère qui roule en ma chair.

 

La poésie est une musique, pas d’âme, pas de siège, pas de patrie, pas d’époux et pas d’espoir.

Rien qu’une sonorité de mots, mots nomades, à la recherche d’un présent.

 

La poésie n’est pas un chuchotement sur fond de basse-cour, pas un blabla de télévision allumée, de journaux froissés d’histoires, de pin-up embrouillées et de taureaux bronzés.

 

Or je n’entends rien, rien qui soit de la musique. Pas d’ouragan, pas d’étincelles pour grands feux noyés.

 

Un foulard traîne pour enrhumés de la vie, quelques chaos disjoints, dissolus, sans fond ni fondement… Des cris des piétinements affolés pour des notions erronées sinon une ligne plane, l’autoroute du non-dit, du non-avenu tout clean, bien propre, même pas une tache de haine sur l’horizon nettoyé…

 

Là où l’on devrait entendre le grondement s’amplifiant d’un volcan en flammes, pas même une cheminée, pas un émoi éclatant ne bave, ne s’éjecte, ne s’éjacule à la lumière des mondes, des étoiles et de toutes nos sphères.

 

Manquerait bien un animal dangereux, un loup, un tigre, un dinosaure pour brusquer les salons endoloris, pour mettre le désordre et faire crier les âmes…

 

Manquerait bien la dangerosité d’un homme, crachant une rumeur éternelle, de celle qui se souvient des hommes enfoncés dans l’éternité.

 

Manquerait bien un peu plus d’amour, un peu moins de pitié, d’apparences et de violons creux.

 

Un jour, une nuit j’arrondirais mon corps au fond d’un lit de feuilles, j’allumerais la mèche, un feu sans sacre pour illuminer et nourrir les songes.

Au bord des étoiles, je chanterais la terre, ce brasier à jamais éteint, qui se brise et meurt dans un fracas inaudible….

Par clément christine - Publié dans : Prose
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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /Nov /2007 18:43

Ma chère Maman,

 

Je vous écris d’une tranchée, à la lueur d’une bougie que je n’aurais pas dû allumer. La lumière vacille dans l’obscurité, comme nous vacillons tous… Il fait froid sous le ciel étoilé, mes doigts ont mal à tenir la plume, pourtant je ne peux m’empêcher, de vous écrire en ce moment de détresse et de solitude. Nous avons aujourd’hui enterré de nos camarades si jeunes et si tôt disparus, morts pour une patrie, qui pour moi se résume à ce lopin de terre où je vis, à cette cuisine où je mange ma soupe, auprès d’un feu de bois. Que ce passe t-il en notre pays, la neige recouvre t-elle nos plaines et nos coteaux ? J’ai hâte de fouler le sol de mon enfance. Ici au milieu de cette guerre je suis un étranger, c’est comme si je n’existais plus, inondé de ténèbres, de sang et de cris …

Demain peut-être c’est moi que l’on mettra sous la terre, j’ai si peur Maman de cette mort loin de vous, sans votre amour, au milieu des haines inutiles, où je ne suis pas, où je ne suis plus qu’un soldat dans l’attente, un soldat parmi d’autres soldats, un homme parmi d’autres hommes perdus, effarés.

Un soldat dans l’attente d’une offensive, dans l’attente de la mort, dans l’attente d’un miracle qui nous ramènerait tous à la vie, qui me ramènerait à vous, à mon village, à mon avenir…

Maman je veux croire, que je reviendrai, je veux croire au jour qui se lève, au soleil, à la chaleur de l’été, à la chaleur de la vie quand mon corps est transi par la peur….

Maman gardez-moi de ce café que vous faites si bien, gardez-moi dans votre cœur pour réchauffer mon âme qui se tourmente.

 

Maman promettez-moi que je ne mourais pas, promettez-moi que je vous reverrais vous et tous ceux que j’aime…

 

Je voudrais tant Maman, qu’il soit de votre pouvoir, je sais que vous nous sauveriez tous….

 

Je vous embrasse ma mère, ne vous effarez pas de cette heure de désespoir aussi cruelle que nécessaire, à qui d’autre pourrais-je confier mon chagrin, sinon à vous qui m’avez donné la vie que peut être la guerre me prendra. Si je devais disparaître à jamais, sachez que ma dernière pensée, ma dernière larme, mon dernier soupir seront pour vous. Mais je crois que je serais là pour les prochaines moissons, il ne se peut pas que tout s’arrête…

 

A bientôt ma chère Maman, je vous embrasse, à bientôt

 

Votre fils

Ce soldat

Par clément christine - Publié dans : Prose
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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /Oct /2007 14:38

Tout a commencé par l’amour, l’ignorance, l’obscurantisme, presque une histoire de religion. Elle a ramassé dans ses petits bras une passion, et elle s’est crucifiée, clouée à des montagnes de papiers…

« Si j’suis tombée par terre, c’est d’la faute à….. » non pas de sa faute à lui plutôt à celle d’un autre, celui comme dans Harry Potter, dont on ne prononce pas le nom…. Il pourrait apparaître à la surface de ce même écran, et d’un regard balayer vos signes…

Ne dites rien, faites semblant qu’il n’y est pas, et si il y est gardez vous en.  Emmitouflez vos idées, empaquetez les, asseyez vous dessus qu’elles ne volent pas vers lui…

Vous le voyez ? Trop tard alors…

A lui les mains jointes dans l’innocence..

A pleins d’autres qui le rejoignent…

Pleins d’autres arpentant ses traces à elle, ensanglantées, venimeuses ou paumées… Incertains rivages et rumeur amplifiées, venins et larmes mêlés…

Des musiciens cachés dans les fourrés du temps jouant de la poésie, incertains du drame mais voulant y être puisqu’ils y avaient mis leur être. Et ils étaient toujours quelque part sous une lettre, sous un pleurs, sous les maux et les mots, et les mots venaient vomissant leurs vies, affairés à s’écrire et à briser, le sceau d’un grand silence….

« Qu’avez vous fait d’elle ? » pauvres pêcheurs de perles, quand les perles tombent une à une d’un collier brisé et roulent sous les printemps, et roulent sous les hivers…

 

 

Par clément christine - Publié dans : Prose
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