C'est une jolie petite maison à la campagne, des lierres courrent sur la façade, les volets sont grands ouverts sur
l'été.
Un jeune homme venu de la ville, pas le moins du monde manuel, plutot du genre fragile et maladroit, tient cependant dans ses mains un gros marteau. Il fixe de ses beaux yeux
bleus un pauvre clou inutile et rouillé qui dépasse du mur, il
veut faire disparaître cette ferraille et se demande comment il faut lui taper sur la tête pour aller vite et sans casse.
Les voisins intrigués par le manège du jeune homme sortent chacun leur tour, et chacun y va de son conseil : à petits coups, d'un seul coup sec au
centre, avec un marteau plus gros, plus fin, avec un maillet en bois etc... etc...
Les heures passent, les gens ont regagné leur foyer, le soleil s'en va rêver de l'autre côté de l'horizon, et le jeune homme exaspéré de tous ces avis
contradictoires doit prendre une décision.
A la lumière tombée, quand le crépuscule est mauve, son bras se lève. Le geste dans l'ombre parait démesuré, la détente aprés l'attente, les divergences, les hésitations. Son bras s'abat, le
marteau ne dévit pas, la maison tremble,
mais le clou à disparu loin loin dans les pierres, plus loin encore peut-être.
Le jeune homme laisse retomber son bras et le marteau satisfait.
Il n'y a qu'une façon d'enfoncer le clou....
Par clément christine
-
Publié dans : Prose
1
-
Recommander