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Vendredi 23 novembre 2007

Ils vivaient en paix

 

(silence)

 

Ils vivaient en paix

 

(silence)

 

Ecoute ce chant

Il vient de si loin

Du fond de la terre

Du fond du passé

 

(Piano solo)

 

C’est l’histoire de ceux

Qui ont levés les yeux vers cette lueur

Cette lueur qui n’était pas la leur

Ouvert leur cœur et leur corps et leur âme

Pour un signe qui n’était pas

Pour un signe qui n’était pas

 

(Tonnerre de cymbales)

 

Les hommes dans leur quête de magie

Ont joint leurs mains

En ont fait un vase de lumière

D’où s’échappe encore et encore un souffle

Puissant inégal absolu

Mystérieux

 

(Chœur de voix comme un murmure)

 

Leurs maux malhabiles

Les ont coulés telles des pierres

Les ont façonnés

Statues de pierres et de larmes

 

(Chœur de voix comme une plainte, profonde, vibrante, angoissante)

 

Alors ils ont ramassé leurs armes

Ont avancé dans la nuit

A grand bruit

Bruit de haine d’amour et de douleur

Ont avancé dans la nuit

A grand bruit

A la recherche d’un territoire

Qui serait un ailleurs

Un ailleurs béant

 

(marche  progressivement vers un vaste ensemble de voix)

 

Commence alors leur errance

 

(la musique redevient souple, nostalgique)

 

Commence alors la quête de la vérité

De toutes les vérités

Commence alors l’errance

Dans un mouvement immobile

Le temps suspendu comme un néant

 

Commence alors l’errance

Dans un mouvement immobile

Dans le vent tourmenté

Dans les feuilles rassemblées

Tombereaux de papiers froissés

D’œuvres inachevées

 

(la musique devient triste et lente)

 

Dans les temples

Les dieux contemplent

Ces offrandes inattendues

Devenues sur les autels

Des pavés d’or et de poussières

 

(La musique s'éteint doucement )

 

Par clément christine - Publié dans : Chant de la terre
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Mercredi 21 novembre 2007

Personne ne se demande

Ce que sera l’après

Quand machinalement

En marchant

On écoutera le message du vent

Qu’il restera le silence

Cette maison abandonnée

Au volet grinçant

Une drôle de nostalgie

 

Personne ne se demande

Ce que sera l’après

Quand sur les ruines

Il faudra reconstruire encore

Et le corps et l’esprit

Et la vie et l’amour

Et la vie et l’amour

 

Recréer la terre pas à pas

Pour un autre territoire sans signes

Terre d’argile et de pluie

Sable mouvants des abandonnés

Des rivages trop loin

Pour des esprits écorchés

 

Cette curieuse habitude

De pressentir des pas

Dans les jardins des songes

De ceux qu’on prévoit

De ceux qu’on attend, qu’on imagine

De ceux qui sont là

Depuis toujours depuis longtemps

 

Ce présage invisible

Qu’on rejette qu’on éloigne

Qu’on garde

Parce qu’il a fait sa place

Parce qu’il bat comme le temps

Un mouvement de balancier

Pour bercer les aurores

Pour bercer les jours

 

C’est encore ce petit chat

Qui démonte les pelotes de laine

Qui déchire les rideaux

Et s’endort en ronronnant

Juste au coin du feu

Qu’on regarde indulgent

Parce qu’on l’a choisi et aimé

 

Ce sont encore ces hommes roseaux

Qui ont pliés jusqu’à ramper

Et que l’on coupe d’une main sure

Comme un cordon ombilical

Sur une table aseptisée

Qu’on jette par dessus bord

Comme un fœtus de trop

 

C’est cette œuvre

Qui ne plait plus

Qu’on lacère

Qu’on brûle dans sa mémoire

 

Personne ne se demande

Ce que sera l’après

Quand machinalement

En marchant

On écoutera le message du vent

Qu’il restera le silence

Cette maison abandonnée

Au volet grinçant

Une drôle de nostalgie

 

Personne ne se demande

Mais tout guérit

Tout doit guérir

Même la nostalgie

 

Par clément christine - Publié dans : folie du moment
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Lundi 19 novembre 2007

Il fut un temps

Un temps passé

Un temps présent

Où le chant effleurait nos lèvres

Edifice fragile

Incomplet bouleversé

 

On voudrait aujourd’hui

Voir fleurir les pierres

Raconter les sources

Posé des histoires

Sur le pas des hommes

 

Sortir des tiroirs

De vieilles dentelles de papiers

Celles qu’on voulait oublier

Celles qu’on avait déchirées

Piétinées

 

S’habiller de vieilles complaintes

Et plaintes d’un au-dedans

Dans son au-delà

 

Pour quel son ?

Quelle clameur ?

Etendre ces émois

Sur le balcon des songes

 

 

 

 

Par clément christine
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Lundi 19 novembre 2007

Les oiseaux qui fracassaient nos têtes

Ce sont tus

Leur vol comme un manège déchirant

S’est posé dans l’au-delà

 

 

Pourtant proche encore

Comme une flammèche qui tarde à s’éteindre

Comme une menace

Leurs appels

Leurs étreintes maudites

 

Des tourments apaisés

Des blessures en cicatrice

Souvenirs de guerre

De mains creusant leurs tombes

De mains déchirant leurs âmes

Déchirant leurs armes

Sur la rive des mondes

 

Ce fil sans équilibre

Pendu entre deux sphères

Où nous marchons en aveugles

Notre festin

Notre gloire de désillusions

 

Cette descente sans vaisseaux

Qui brise nos êtres

A hurler la folie à tous les loups

A crisper nos espoirs

En forme de trou noir

 

Apaisé ce tourment

Qui nous instruit de ses larmes

Rive du temps

Où s’inscrit un signe

Juste un signe  

Pour ne pas mourir

 

Par clément christine
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Dimanche 18 novembre 2007

C’est comme un balancier

Immense

Intense

Invisible

 

Des cloches résonnent

D’un son inaudible

Enchanté, intime

 

On croirait entendre un monde en marche

Le murmure des siècles

Le murmure des mots

Leur au-delà des passés

Des avenirs oubliés

 

Les cendres des hommes

Les cendres des dieux

Un seul corps

Radieux

 

Au fond on entend le silence

L’océan qui se retire

Dans son antre de pierres

 

L’horizon fané

Rythme des heures mortes

Ceux qui marchent sont seuls

Au milieu des déserts

Des forêts inextricables

 

Leurs pleurs s’échouent

Sur des yeux aveugles

Au fond des cœurs sourds

 

C’est comme un balancier

Immense

Intense

Invisible

 

Des cloches résonnent

D’un son inaudible

Un glas de poètes endormis

Aux portes fermées des étoiles

 

C’est toujours le même son

La même histoire

Sortie des tombes éternelles

Survolant l’univers improbable

 

 

C’est toujours le même son

La même histoire

La recherche d’un  réceptacle

Qui retiendrait à jamais la lumière

Des cimes disparues

 

Tandis qu’un balancier immense

Marque le temps

Marque l’attente

 

 

 

Par clément christine
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Jeudi 15 novembre 2007

Freedom, freedom, freedom

Même pas l’arme à l’œil

Même pas un mot d’adieu

Pas de porte qui claque

Même pas un courant d’air

 

Freedom

Comme ça sans bruit

La vie d’artiste à court de mot

Qui quitte la scène

Sans  bravo, sans bravade

 

Comme ça sans bruit

On quitte l’amour

A court de passion

Au volant d’une voiture

La tête pleine de musique

 

On quitte la musique

On l’a trop bue

Trop digérée, trop vomie

 

 

Freedom freedom freedom

On quitte l’angoisse

Ça fait plus rien, les silences

On s’en fiche

Les pieds dans les nuages

La tête sur la terre

 

On écoute se déhancher

Les jours à venir

Plus rien à dire

Plus rien à maudire

 

On chante

Je te t’aime plus mon amour

Jour de gloire

Et rédemption

Nouveau tour de piste

Aux anges guillerets

Sans guillemets

 

Allez salut

Je te rends ta freedom liberté

Je sais que comme moi

Tu t ‘en fiches

Le nez dans ta bière

Ta bière dans le caniveau

Ton corbeau sur l’épaule

Et des lacs dans tes yeux las

 

Je te sens ravi

D’avoir ravi la vie

Je te sens ravi

De la vie

Tu frappes aux portes du paradis

Libre comme la cendre

Dispersée par le vent

Dispersée par la vie

 

 

 

Par clément christine
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Mardi 13 novembre 2007

 

Ecoutes sur tes pas,

Il y a 20 ans déjà.

Hier

Une éternité

 

Ce n’était pas l’aube

Ce n’était pas le crépuscule

C’était le mois d’août

Ce n’était même plus l’été

 

Ou bien se sera toujours l’été

 

Ecoutes ce ciel lourd

Cette pluie sur la route

Cette frange sur ton front

Comme un trait innocent

 

Innocent

 

Ecoutes ce froid qui résonne

Comme une tombe qui s’ouvre

Des fleurs et des enfants

En une ronde de pleurs qui tourne

 

Ecoutes ce moteur

Ce moteur et plus rien

Juste une route qui glisse vers l’absurde

Juste une route

Et plus rien

 

Et ce silence

Ton silence

Ton silence

Ton silence

 

Et plus rien

Qu’un sourire

Sur une photo figée    

Par clément christine
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Dimanche 11 novembre 2007

Ma chère Maman,

 

Je vous écris d’une tranchée, à la lueur d’une bougie que je n’aurais pas dû allumer. La lumière vacille dans l’obscurité, comme nous vacillons tous… Il fait froid sous le ciel étoilé, mes doigts ont mal à tenir la plume, pourtant je ne peux m’empêcher, de vous écrire en ce moment de détresse et de solitude. Nous avons aujourd’hui enterré de nos camarades si jeunes et si tôt disparus, morts pour une patrie, qui pour moi se résume à ce lopin de terre où je vis, à cette cuisine où je mange ma soupe, auprès d’un feu de bois. Que ce passe t-il en notre pays, la neige recouvre t-elle nos plaines et nos coteaux ? J’ai hâte de fouler le sol de mon enfance. Ici au milieu de cette guerre je suis un étranger, c’est comme si je n’existais plus, inondé de ténèbres, de sang et de cris …

Demain peut-être c’est moi que l’on mettra sous la terre, j’ai si peur Maman de cette mort loin de vous, sans votre amour, au milieu des haines inutiles, où je ne suis pas, où je ne suis plus qu’un soldat dans l’attente, un soldat parmi d’autres soldats, un homme parmi d’autres hommes perdus, effarés.

Un soldat dans l’attente d’une offensive, dans l’attente de la mort, dans l’attente d’un miracle qui nous ramènerait tous à la vie, qui me ramènerait à vous, à mon village, à mon avenir…

Maman je veux croire, que je reviendrai, je veux croire au jour qui se lève, au soleil, à la chaleur de l’été, à la chaleur de la vie quand mon corps est transi par la peur….

Maman gardez-moi de ce café que vous faites si bien, gardez-moi dans votre cœur pour réchauffer mon âme qui se tourmente.

 

Maman promettez-moi que je ne mourais pas, promettez-moi que je vous reverrais vous et tous ceux que j’aime…

 

Je voudrais tant Maman, qu’il soit de votre pouvoir, je sais que vous nous sauveriez tous….

 

Je vous embrasse ma mère, ne vous effarez pas de cette heure de désespoir aussi cruelle que nécessaire, à qui d’autre pourrais-je confier mon chagrin, sinon à vous qui m’avez donné la vie que peut être la guerre me prendra. Si je devais disparaître à jamais, sachez que ma dernière pensée, ma dernière larme, mon dernier soupir seront pour vous. Mais je crois que je serais là pour les prochaines moissons, il ne se peut pas que tout s’arrête…

 

A bientôt ma chère Maman, je vous embrasse, à bientôt

 

Votre fils

Ce soldat

Par clément christine - Publié dans : Prose
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Mardi 6 novembre 2007

Plaine ma plaine

Je mesure irréelle

Les blés trépassés

Le sang des fossés

 

J’entends le temps

Battre à la tempe des soleils

Les gorges broyées

Dans le goulot des haines

 

J’entends les cris

Oriflammes incandescentes

Aux lueurs des brûlures

Des crépuscules embrasés

 

Je vois les visages

Partir à la mort

Les yeux révulsés

Sur un grand silence

 

Plaine ma plaine

J’entends tes brumes

Tes rosées

Tes cris

 

Ton ventre assailli

De mains effacées

Tes larmes

Gouttes d’eau infécondes

 

Et ta vie

Et ta vie

 

 

 

 

 

 

Par clément christine
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Jeudi 1 novembre 2007
Peut-être un soir d'été et de prières
Au coin d'une rue sans nom
Je rencontrerai cet autre
Qui dérivait sur mes pensées nuages

Nous aborderons la terre dans le vaisseau de nos prisons

La vie nous surprendra sur une grève étincellante.

Le temps recouvrira le temps disparu où nous n'étions plus.

Et nous renaîtrons
Beaux enfin, dans la clameur des louanges...

Par clément christine
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