Leur pauvre détresse
Vol
Ainsi tu voles
Quelles sombres histoires
Dans tes papilles
Des bruits de ferrailles
Chaînes ou monnaies
Ainsi tout t’enchaîne
Quelle ombre t’habite encore
Tu abrites des cartes fanées
Tu vois des pirates
Des coffres d’or
Qui dorent la lune
Des vaisseaux qui fuient
L’île au trésor
Où tu n’es pas
Robinson sans chapeau
Tu t’enterres dans des rêves
Loin des cygnes
Loin des corbeaux
Tu m’as volé
Mon âme
Mes mots
Mes sourires
Mes larmes
Pour t’en faire un manteau
Il fait froid le soir
Quand la nuit tombe
Et crie
Qui t’en voudra
De prendre le dernier mot
Dernier métro
Ton hameau t’attends
Les souris chavirent, dansent,
Qu’est ce qu’on s’en fout
Puisqu’on est fous
De tous ces maux
De tous ces bruits de pas
De ferrailles et d’or et d’argent
C’était juste un sourire
Pas un trésor
Pas une source que l’on devine
Je t’achète et je te vends
Et je te donne l’ombre qui se relève
Comme je t’ai donné
L’autre sauvage
Vautré dans ses détresses
Ses conflits d'autres planètes
Nous redeviendront poussières
Dans les nuits qui s’achèvent
Dans le jour qui se lève
Et nos mains vident
Pourront s’unir
Aussi claires
Que nos fontaines
Celles qui buvait nos hivers
Et chantaient nos étés.