Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 21:20

Pâle est l’astre

Sombre est la nuit, riche et précoce

Nulle étincelle

Nul feu ne brille

Juste des hommes assis

Autour du néant

 

Néant présent

Sous la mère lune

Cadeau pour les avenirs

 

Vivants

Lointains

Ils sont là, les hommes

Ils peuvent s’assoupir à jamais

Etre le dernier soir

Ils seront, ils sont déjà

Le premier matin

 

L’ultime son

Le dernier cri

La première peur

Le dernier venin

 

Un cercle fermé

Autour de l’espace

Une parenthèse

Une éternité

 

Les yeux clos

Ils se retrouvent

Intacts et frêles et puissants

En équilibre sur la mémoire

Abandonnés repus

Figés dans une image

 

Au fond des tombes

Ils ne sont plus

Que parcelle du destin

A jamais scellé en leur sein

 

 

 

Par clément christine
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 14:54

 

Le lit est vide et froid, elle s’y glisse, il est l’heure… Elle frissonne. Allongée sur le dos les mains derrière la tête, les couvertures au menton, elle repose. Ses yeux grands ouverts fixent le temps qu’elle entend passer. L’esprit vide de questions, de douleurs et de passés, elle attend, elle est bien. Son corps se réchauffe, s’appesantit, fait son nid. Elle pense aux nuits sans sommeil, toutes les fois où elle s’est répétée qu’il fallait dormir, absolument dormir… L’horloge tic tac, elle n’a pas fermé le rideau, la nuit viendra éteindre et la lumière et la vie. Elle sombre, sombre, oublie, s’oublie, se blottit sur le côté gauche, dans la position fœtale, et se tasse, se ramasse, se recroqueville, ferme les yeux…

 

Une musique s’élève, piano et voix emplissent la pièce…

 

C’est comme dans un rêve, elle est loin, les yeux levés vers le ciel, elle court sur un chemin, la brise lui caresse les cheveux, les joues, elle n’a plus peur, elle n’a plus jamais peur, elle a juste un peu froid, d’un froid qui éloigne la vie…

La dame en noir se penche sur elle et l’embrasse, enfin un geste de tendresse, d’affection. Un soupir et elle ouvre les yeux, regarde sa nouvelle compagne, sa seule compagne… Sa tête s’incline comme un objet lourd, un léger sourire de reconnaissance grimace sur ses lèvres, dans ses yeux un ultime merci, un dernier murmure, gargouillis de gratitude et d’adieu…

 

La musique se tait, le silence se fait….

 

Dans la nuit, les lumières bleues d’une ambulance, un corps enfermé dans une housse blanche, solitaire, anonyme dans son linceul.. Les réverbères défilent, le pavé est détrempé, les étoiles brillent. S’enterre la folie au fin fond d’un cimetière, « elle » écrit sur une tombe sans fleurs où rien ne se recueille. Seul un rire dément semble encore vriller l’infini…

  

Par clément christine
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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 21:19

Qu’est-ce qui l’avait fait marcher, avancer, continuer ? L’amour ? Elle aurait aimé y croire… Juste une question futile d’amour.  Le sexe ? L’homme qu’il faut toujours aimer trop ? Les sons qui font renaître ? Les pianos qui mentent ? Les guitares qui chantent et toutes les musiques et tous les sourires et toutes les fêtes ? Et tout ce qui danse et virevolte…

Mais la peur, mais la haine…

Raconte-moi ma beauté ! Raconte-moi l’éternité ! Liée à toi quoique tu fasses. Le grand secret des pianos se liquéfie, inonde les lendemains et trépasse. Après ta mort….Tu verras… Les histoires le diront qui berceront les rêves des fascinés.  «Il était une fois… »  Je serais là morcelée, envahissante, je serais « Mémoria Déi ». Elle rit encore. C’est soir de gaieté, il n’y en aura pas d’autres ! Rassure toi je n’ai pas faim, j’ai fin….   
Par clément christine
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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /Fév /2008 19:33

Et il chantait quelque part il chantait…. L’homme au piano… Il chantait dans un silence mutilé.

 

Ce monde qui n’est pas notre et transpire dans nos pores….

 

Ce n’est pas une histoire d’amour, l’un ne va pas vers l’autre, simplement ils marchent l’un à côté de l’autre, jusqu’à ce que leur route se sépare.

 

« Compagnon de brume écoute ! La tenture de l’évasion s’est soulevée comme un voile enchantée, un sourire argente les cieux méticuleux, écoute ! un autre chant, un autre oracle, écoute, ils viennent les autres ceux d’après nous, et nous disparaissons, tu disparais, je disparais, il reste nos ombres… Tu vas vivre, je vais mourir, je t’embrasse une dernière fois, je te lâche la main, tu n’as pas de peine, tu chantes encore et je te souris, comme la première fois pour la dernière fois… »

 

« Recouvre-moi d’un drap blanc, mets entre mes mains des roses blanches, sur mon cœur une étoile et dans mes yeux de la terre, là où je vais, je serais la genèse du passé, du présent et de l’avenir. »

Par clément christine
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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /Fév /2008 17:56
""Longtemps j'ai cherché à écrire Le Livre des Jours, et, désormais, seul, je trouve en moi le repos et la paix nécessaires pour être capable de mourir, c'est à dire d'accomplir ma vie. Si un rôle m'était  donné, et qu'il soit à la hauteur de mon amour, il n'égalerait pas celui que l'on trouve dans la Mort, car il n'y a pas de vie possible ici-bas, puisque vous n'en voulez pas.

M
a demeure silencieuse est habitée de la réalité des hommes, loin d'eux, je sais où se cache le bonheur du monde".
"Quelque chose qui a dû manquer à l'origine, quelque chose que nous n'avons pas pu recréer pendant, quelque chose qui n'est pas autour de nous maintenant
et ne nous permet pas de nous revoir, quelque chose qui n'est pas non plus devant nous, et interdit de tout recommencer avec de nouveaux êtres, de nouveaux espoirs, de nouveaux lendemains..."

"Une tricherie, oui, c'est ça une tricherie.... Une tricherie, un chantage... Un caddie-boy est demandé à l'accueil, je répète un caddie-boy est demandé à l'acceuil... Un chantage à la réalité du bonheur"

"Je deviens fou"
"Comme tu as vieillie"
"Pourquoi as tu voulu me revoir?"
"Je  pensais qu'on pouvait refaire les jeux"...

Par clément christine - Publié dans : Michel Deprette
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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 19:24

Il serait bien temps qu’elle aime, qu’elle dépose en offrande des gerbes de tendresse là où elle avait semé la mort, puisque c’est le dernier jour, puisqu’elle le sait, puisqu’elle s’en va, cendres dans les cendres…  
Dieu est mort ce soir, déflorant à jamais un mystique poème étendu dans sa chair, dans son cri unique est clair… Que laisse t-il en ce matin de ce qui pourrait ressusciter, revivre ailleurs qu’en lui ? En son nom, en son esprit en son chant ? Pas elle qui depuis longtemps c’est enfuit…D’ailleurs elle ne s’enfuyait que dans sa sollicitude, « Maintenant du dois te débrouiller » avait-il dit. Générosité cruelle des hommes que le miroir a quitté, il a tourné le dos à leur histoire comme s’il avait simplement soufflé une bougie et détourné la vie. Elle s’est éteinte enterrant avec elle tous ces mondes… Elle est injuste elle le sait, personne ne passe sa vie à dessiner des cœurs pour le néant… Elle était, elle est, le néant et le drame passé, présent, futur..

Par clément christine - Publié dans : Prose
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 19:20

J’écris une lettre, je peux écrire une lettre, je dois écrire une lettre ! Lettre à qui ? Oh à personne ou à peu importe, à celui ou celle qui passe, à Mr le vent, à Dieu le père, à la vipère qui roule en ma chair.

 

La poésie est une musique, pas d’âme, pas de siège, pas de patrie, pas d’époux et pas d’espoir.

Rien qu’une sonorité de mots, mots nomades, à la recherche d’un présent.

 

La poésie n’est pas un chuchotement sur fond de basse-cour, pas un blabla de télévision allumée, de journaux froissés d’histoires, de pin-up embrouillées et de taureaux bronzés.

 

Or je n’entends rien, rien qui soit de la musique. Pas d’ouragan, pas d’étincelles pour grands feux noyés.

 

Un foulard traîne pour enrhumés de la vie, quelques chaos disjoints, dissolus, sans fond ni fondement… Des cris des piétinements affolés pour des notions erronées sinon une ligne plane, l’autoroute du non-dit, du non-avenu tout clean, bien propre, même pas une tache de haine sur l’horizon nettoyé…

 

Là où l’on devrait entendre le grondement s’amplifiant d’un volcan en flammes, pas même une cheminée, pas un émoi éclatant ne bave, ne s’éjecte, ne s’éjacule à la lumière des mondes, des étoiles et de toutes nos sphères.

 

Manquerait bien un animal dangereux, un loup, un tigre, un dinosaure pour brusquer les salons endoloris, pour mettre le désordre et faire crier les âmes…

 

Manquerait bien la dangerosité d’un homme, crachant une rumeur éternelle, de celle qui se souvient des hommes enfoncés dans l’éternité.

 

Manquerait bien un peu plus d’amour, un peu moins de pitié, d’apparences et de violons creux.

 

Un jour, une nuit j’arrondirais mon corps au fond d’un lit de feuilles, j’allumerais la mèche, un feu sans sacre pour illuminer et nourrir les songes.

Au bord des étoiles, je chanterais la terre, ce brasier à jamais éteint, qui se brise et meurt dans un fracas inaudible….

Par clément christine - Publié dans : Prose
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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 19:10

Le carnaval bat son plein

Le monde chante danse

Travestis en transe

Hurlements des fêtes

 

Tu essaies de participer

Vague sourire

Vague tristesse déjà

Un pas de danse aussi

Un tournoiement dément

 

Tu t’entends crier

Ce n’est pas ça

Ce n’est pas  ça

Tu perds le rythme

Soulevée en la liesse

Soulevée comme la poussière

Soulevée comme cœur à l’agonie

 

Tu cries tu tombes

Tu tombes seule

C’est noir en ton esprit

Si noir et profond

Continu comme la nuit

Comme la mort

 

C’est long tellement long

Et personne et personne

Que milliers de pas

Sur ton âme engourdie

 

Et ce corps  ramassé

Dépouillé de lui-même         

Posé sur le sol et souillé

Comme un outrage à la fête

 

Le carnaval bat son plein

Le monde chante danse

Et crache

Sur les restes flétris

De cheveux et de guenilles

 

Pas des votres

Pas des votres

Mais dansez dansez

Embrassez son cerveau

 

Demain l’aube

Viendra balayer vos souvenirs

Et ses restes vers la mère

Iront nourrir tous vos rires

 

 

 

Par clément christine - Publié dans : folie du moment
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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 18:46

Le monde bouge et tourne

Spirale de lumières fantomatiques

Au ras des crépuscules

 

La terre se love

Chuchotements grincements

Des cris sous les cris

 

 

Cette face vue regardée visée

Au bord des miroirs

Des étals à âmes

Là où l’on entre pas

Où l’on entre plus

La peur de voir

Et la boue et le sang

 

 

Une étincelle ployée dans le gris

Dans le sordides des rues

Des vies en procès avec la mort

Mais une étincelle

Si lointaine et fragile et absente

 

Pourtant une étincelle

Comme un regard à porter

A garder contre soi

A portée de corps et de cœur

Dans cette nuit qui ne finit pas

 

Je ne suis pas là

Je ne suis plus là

Cette étincelle enfuie

A garder contre soi

A portée de corps et de cœur

Dans cette nuit qui ne finit pas

Dans cette nuit qui ne finit pas

Dans cette nuit qui ne finit pas

 

 

 

 

 

 

 

Par clément christine - Publié dans : chant de l'âme
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Jeudi 17 janvier 2008 4 17 /01 /Jan /2008 18:35

Plus de belles mélodies

Les portes du sacré fermées

La terre s’embourbe

De moins en moins fière

De plus en plus folle et sombre

 

Des pleurs étouffés sous les strass

Et l’homme s’oublie

Vêtu de médiocrité

Dans la mode des silences des désaveux

Habits de fortune à draper la misère

Et les guerres et les cris

 

Plus de belles mélodies

Quand l’avenir est un orage

S’amoncellent les nuages et la mort

Un mausolée dédié au néant

Néant brillant bruyant

 

L’homme s’éteint doucement

Laisse après lui le désert

Les steppes sans force

Et la horde fantôme

 

Et tous les mystères

Et tous les dieux

Dans sa tombe ensevelis

Ouvrages des mondes abandonnés

De tous les temps

 

Plus de belles mélodies

Si ce n’est le présent

Un peu de jardin

Quelques fleurs

L’écho des rires d’enfants

De ceux qui sont encore

Se gorgent de fruits mûrs

Petites lueurs dans leurs yeux clairs   

Eclairs d’espoir                        

 

Une mélodie de l’insouciance

Dans un champ de papillons

Un chant bientôt éclaté

Les ruines viennent

Le lierre sauvage court au travers

 

 

Plus de belles mélodies

Impasse où l’on hurle

Etranger solitaire

Loup qui traîne

Dans un destin englouti           

Animal en linceul de pierre           

Qui ne chante plus

Qu’un rauque cri d’amour

 

Par clément christine - Publié dans : Chant de la terre
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