Mardi 1 juillet 2008

         Qu'elle est grande cette forêt ! Qu'ils sont grands ces arbres ! Se dit le petit canard, tandis qu'il se dandine comme se dandine habituellement les canards... Et effectivement, il paraît minuscule au milieu du chemin bordé de fougères, à l'ombre des grands arbres. Voilà déjà quelques temps qu'il a quitté le bord de la mare pour aller se promener en solitaire dans la forêt, il ne se rend pas compte que le soir arrive et que bientôt il fera noir, tout noir. Il marche, marche encore, curieux de tout ce qui l'entoure, bien tranquillement, il a oublié l'heure, et la maman cane et tous ses frères et sœurs...


-         Hou... Hou... Mais qu'est ce que tu fais là hulule une chouette qui cause une grande frayeur à notre petit canard ! Mais tu t'es perdu, il va faire nuit, que vas-tu devenir ?


Alors notre caneton regarde autour de lui ! C'est bien vrai qu'il s'est perdu... Il éclate en gros sanglots, je me suis perdu hurle t-il, au-secours maman je suis perdu...


-         Ne hurle pas comme ça, que tu me casses les oreilles dit la chouette, tu as encore le temps de rentrer avant la nuit si tu te dépêches, fais demi-tour, c'est par-là, par-là répète-t-elle en étendant son aile dans la bonne direction.


Le petit  canard se mouche bruyamment, et court dans la direction que lui a indiqué la chouette et il court à perdre haleine et il court et il s'arrête tout à coup, Oups ! il y a trois routes maintenant, laquelle faut-il prendre ? Au milieu ? A droite ? A gauche ? Il choisit la gauche en haussant ses petites épaules... Et se met à courir de nouveau, à courir à courir jusqu'à se cogner dans une tortue..


-         Ah ! Mais tu ne peux pas faire attention ? Vraiment ces jeunes, mêmes poussins ne font attention à rien. Et puis que fais-tu là ? Si tu cherches la marre ce n'est pas par ici, il fallait prendre tout droit tout à l'heure..


Il n'en suffisait pas plus pour que le petit canard se remette à pleurer à gros sanglots : «  je suis perdu, je suis perdu »


-         Pas tant que ça ! retourne sur tes pas, presses-toi avant la nuit...

-         Mais je n'en peux plus moi de marcher, de marcher et de marcher, dit le petit canard en pleurant de plus belle...

-         Je te prendrais bien sur mon dos dit la tortue, mais à l'allure où je voyage, tu n'es pas prés d'arriver mon pauvre !


-         Fais un effort dit un vieux hérisson qui passait par-là ce n'est pas si loin...


-         Tu n'as qu'à me suivre dit une libellule, je te montre le chemin, allez hop ! Bouges tes plumes ! hop ! hop ! hop ! On y va !!! 


Et voilà le caneton reparti, se dandinant à toute vitesse sur ses petites pattes, trébuchant parfois, le bec en l'air pour ne pas perdre de vue la libellule. Et enfin, il reconnaît l'étang et voit sa mère déjà couchée dans les herbes, entouré de tous ces petits. Il manque bien de crier « maman, me voilà » mais se dit qu'il risque bien de se faire gronder. Alors il se couche doucement au milieu de ses frères et sœurs et s'endort bien vite. Mère cane ouvre un œil et sourit, elle était inquiète, mais maintenant tout son petit monde est là, et elle n'a pas le courage de gronder son petit aventurier.


C'est ainsi que tout se termine bien...



 

Par clément christine - Publié dans : Petites histoires pour les enfants d'aujourd'hui e
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 29 juin 2008
Il manque juste la barque
tu sais celle qui tangue
doucement
un peu îvre
un peu follâtre
celle qui t'attend
et t'attend
et t'attend
et t'attend...

et s'en va
seule quand les amarres sont rompues
et là bas au loin trés trés loin
ce petit point vague....

c'est cette vague enfuie....


Par clément christine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 25 juin 2008

"Au commencement était le mot, le mot
Qui des bases solides de la lumière
A dérobé les lettres du vide
Et, des bases nuageuses du souffle,
le mot s'est répandu, traduisant pour le coeur
Les premiers caractères de la naissance et de l'amour."


Et aussi celles-ci de André Schmitz

" Il laisse s'échapper le premier vers donné
et les autres qui suivent
il les laisse faire ce qu'ils veulent...

Il est enfin poète en ne l'étant plus."


Et enfin les miennes

Jetés dans la lumière
les cailloux

Ils s'enfoncent dans l'onde
Dans la mémoire
Disparaissent
S'oublient
Éjaculation précoce de mots
Mordants, solitaires
Pour le néant qui les cueillent
Les recueillent
Symbolique hymen
D'un poète effondré
Effacé de sa Terre
De son ciel
"Brute de fonte"
Et  brutal forcené
Sans éveil
 
Un râle qui sort de sa gorge
Et bave sans retenue
Cette mousse grave
Ces gorgées de sculptures enflammées.



Par clément christine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 20 juin 2008

Tout à repris sa place en l'univers....

Tout a repris sa place en l'univers....

Au nom de nos ancêtres

Au nom de tous les miens

Au nom de ce qui est

De ce qui tourne

De ce qui vibre

De la terre et du ciel

De la vie et de la mort

 

Chaque chose, chaque être,  est élément de ce qui est

Les cailloux, le fruit sur l'arbre

Et l'herbe et l'oiseau et la pluie et la rose et le roseau

 

C'est le moment propice

Les blés vont pousser drus

Sous et dessus la terre

C'est le moment

La saison où rien n'est irréversible

 

L'onde est bleue sous la pierre fantôme

Tu verras

Nous irons en ce pays

 

Tu sais la barque est là, sur la rive, à peine amarrée, elle est ivre et tangue sous le soleil. Elle est comme une femme qui attendrait qu'on l'enlève au-delà du temps. Elle n'a plus de saison, elle est une, elle est nue.

 

Tu sais la barque est là, à peine amarrée, elle tangue doucement et t'attends.

 

La rivière est longue. La rivière est calme, c'est un sommeil sans fin qui t'épargne les torrents de sable, les remous affolés. Elle bat comme un cœur au travers du monde. C'est un collier de perles qui sillonne le printemps, tu peux t'en parer comme d'une douceur d'argent.

 

Tu danses avec elle dans les silos du ciel

Et tout s'arrête

Et tout commence

 

 

C'est le moment propice

Les blés vont pousser drus

Sous et dessus la terre

C'est le moment

La saison où rien n'est irréversible

 

L'onde est bleue sous la pierre fantôme

Tu verras

Nous irons en ce pays

 

 


Par clément christine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 18 juin 2008

Et la belle s'étend

Sur le ventre lovée

Lointaine indifférente cruelle

Elle sait ce qu'elle attend

Elle sait ce qu'il attend


Par la fenêtre

Elle regarde lascive

S'enfuir les étoiles

Et l'astre s'abat sur son corps

Docile et pale dans la nuit


La caresse du serpent

Du bas de son dos

Au milieu de ses omoplates

Au milieu de ses seins

Douceur d'un parfum

Qui s'évapore et s'étend

Tendrement


Elle ferme les yeux

Attend la caresse plus précise

Qui la fera revenir

Se tourner vers l'homme

Le voir et le toucher


Elle attend le moment

De se tendre

De se donner

De subir le joug de l'amour

De crier

Gloire et défaite


Alors comme des amants sans plus d'âme

Ils ne feront qu'un

Et les cieux

Et la terre

Et l'univers

Silencieux apaisés

Se laisseront encore

Noircir d'une auréole d'infinie


 

Par clément christine - Publié dans : chant de l'âme
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 juin 2008

J'ai reçu ce matin, une grande enveloppe, un grand carré noir et vide, fermé à double tour.


A toute vapeur j'ai décollé les lèvres de la belle. A l'intérieur j'ai cherché, ce qui pouvait bien s'y cacher. Un petit mot, un bout de craie pour tracer sur le sol la route du paradis. Une larme, un défi, un chat tout noir aussi, pour regarder courir les plumes. Un éclair, un morceau de soleil, de ciel. Une pluie qui s'abat en clochettes sur la terre détrempée.


J'ai cherché l'horizon au-delà de la brume, les rivages inconnus. Tout ce qui fait naître et vivre et mourir.


Puis soigneusement j'ai fermé l'enveloppe.


Je l'ai envoyé à mon voisin...

Par clément christine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 juin 2008

Nuit de soleil

Nuit de soleil

Sur la terre infinie


La porte s'ouvre

Emporte le voile

Comme un élan

Au-dessus des étoiles


Homme

Eh ! l'homme

Ecoute, écoute, écoute


Voir, voir la solitude

Voir la solitude

Et la multitude

Et la foudre

Et l'orage qui gronde

Et emporte avec lui

Toutes les âmes désunies


Autour ton destin

Tout autour

Ton destin

Comme un charme immortel


Viens, viens, viens là

L'amour est plus grand

Se battre n'est plus

Et les discours

Et les cris


Homme

Eh ! l'homme

Ecoute, écoute, écoute


Je veux t'aider

Au-delà des mondes

Les dieux sont morts

Reste le chant,

La danse et l'amour


Ris puisque je t'aime

Ris ! Ris ! Ris ....

 

 

Par clément christine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008
Et le vieil homme, assis au bord d'un blanc nuage effiloché, de répéter :

"Vous vous trompez, vous vous trompez , arrêtez de croire !
Nous ne montons pas au ciel, nous descendons vers la terre,
et la terre est si lointaine, si profonde et si vaste qu'elle nous prend.

Elle ne vous mange pas, elle nous restitue corps aprés corps, vie
aprés vie....

Il n'y a rien là haut, rien que des convictions, des choses apprises,
ancrées, et tant de choses enfouies en la mémoire, brûlées comme
sorcières au buchet du silence.

Ne pensez pas ciel, illumination....

Pensez Terre, souffrance, humilité.

Cherchez l'esprit, le pouvoir tout en bas dans le ventre des étoiles..."

Et de disparaître en fumée au milieu des nuées...
Par clément christine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 29 mai 2008
C'est une jolie petite maison à la campagne, des lierres courrent sur la façade, les volets sont grands ouverts sur
l'été.
Un jeune homme venu de la ville, pas le moins du monde manuel,  plutot du genre fragile et maladroit,  tient  cependant dans ses mains un gros marteau. Il fixe de ses beaux yeux bleus un pauvre clou inutile et rouillé qui dépasse du mur, il
veut faire disparaître cette ferraille et se demande comment il faut lui  taper  sur la tête pour aller vite et sans casse.

Les voisins intrigués par le manège du jeune homme sortent chacun leur tour, et chacun y va de son conseil  :  à  petits coups,  d'un  seul coup  sec au  centre,  avec  un  marteau  plus gros,  plus  fin, avec un maillet en bois etc... etc...

Les heures passent, les  gens  ont  regagné  leur foyer, le soleil s'en va rêver de l'autre côté   de l'horizon, et le jeune homme exaspéré de tous ces avis contradictoires doit prendre une décision.

A la lumière tombée, quand le crépuscule est mauve, son bras se lève. Le geste dans l'ombre parait démesuré, la détente aprés l'attente, les divergences, les hésitations. Son bras s'abat, le marteau ne dévit pas, la maison tremble,
mais le clou à disparu loin loin dans les pierres, plus loin encore peut-être.

Le jeune homme laisse retomber son bras et le marteau satisfait.

Il n'y a qu'une façon d'enfoncer le clou....   
Par clément christine - Publié dans : Prose
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 28 mai 2008

A pas mesurés

Sur la digue froide

Jusqu’au plongeon démesuré

Dans la mousse figée des marais

 

Une oie prend son envol

Et vole aux nuages

Le sourire des forêts

 

L’aubade est là, présente

Aux portes des temps sacrifiés

Collier échevelé

D’où s’écaillent les perles

Une à une

Comme ce temps qui goutte

Et naufrage

 

Pose un ongle sur mon ventre

Et pleure

Et chavire

 

Demain n’ira pas mieux

Au creux des fontaines assoiffées

 

Sont envolés

Les anges cachés des roseaux

Les signes blanchis

Dans la serre des mensonges

 

Donne-moi ce vertige

Cette raison d’ailleurs

Où je puis noyer

Mon âge et mon espace.

 

Par clément christine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Images Aléatoires

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus