Qu'elle est grande cette forêt ! Qu'ils sont grands ces arbres ! Se dit le petit canard, tandis qu'il se dandine comme se
dandine habituellement les canards... Et effectivement, il paraît minuscule au milieu du chemin bordé de fougères, à l'ombre des grands arbres. Voilà déjà quelques temps qu'il a quitté le bord de
la mare pour aller se promener en solitaire dans la forêt, il ne se rend pas compte que le soir arrive et que bientôt il fera noir, tout noir. Il marche, marche encore, curieux de tout ce qui
l'entoure, bien tranquillement, il a oublié l'heure, et la maman cane et tous ses frères et sœurs...
- Hou... Hou... Mais qu'est ce que tu fais là hulule une chouette qui cause une grande frayeur à notre petit canard ! Mais tu t'es perdu, il va faire nuit, que vas-tu devenir ?
Alors notre caneton regarde autour de lui ! C'est bien vrai qu'il s'est perdu... Il éclate en gros sanglots, je me suis perdu hurle t-il, au-secours maman je suis perdu...
- Ne hurle pas comme ça, que tu me casses les oreilles dit la chouette, tu as encore le temps de rentrer avant la nuit si tu te dépêches, fais demi-tour, c'est par-là, par-là répète-t-elle en étendant son aile dans la bonne direction.
Le petit canard se mouche bruyamment, et court dans la direction que lui a indiqué la chouette et il court à perdre haleine et il court et il s'arrête tout à coup, Oups ! il y a trois routes maintenant, laquelle faut-il prendre ? Au milieu ? A droite ? A gauche ? Il choisit la gauche en haussant ses petites épaules... Et se met à courir de nouveau, à courir à courir jusqu'à se cogner dans une tortue..
- Ah ! Mais tu ne peux pas faire attention ? Vraiment ces jeunes, mêmes poussins ne font attention à rien. Et puis que fais-tu là ? Si tu cherches la marre ce n'est pas par ici, il fallait prendre tout droit tout à l'heure..
Il n'en suffisait pas plus pour que le petit canard se remette à pleurer à gros sanglots : « je suis perdu, je suis perdu »
- Pas tant que ça ! retourne sur tes pas, presses-toi avant la nuit...
- Mais je n'en peux plus moi de marcher, de marcher et de marcher, dit le petit canard en pleurant de plus belle...
- Je te prendrais bien sur mon dos dit la tortue, mais à l'allure où je voyage, tu n'es pas prés d'arriver mon pauvre !
- Fais un effort dit un vieux hérisson qui passait par-là ce n'est pas si loin...
- Tu n'as qu'à me suivre dit une libellule, je te montre le chemin, allez hop ! Bouges tes plumes ! hop ! hop ! hop ! On y va !!!
Et voilà le caneton reparti, se dandinant à toute vitesse sur ses petites pattes, trébuchant parfois, le bec en l'air pour ne pas perdre de vue la libellule. Et enfin, il reconnaît l'étang et voit sa mère déjà couchée dans les herbes, entouré de tous ces petits. Il manque bien de crier « maman, me voilà » mais se dit qu'il risque bien de se faire gronder. Alors il se couche doucement au milieu de ses frères et sœurs et s'endort bien vite. Mère cane ouvre un œil et sourit, elle était inquiète, mais maintenant tout son petit monde est là, et elle n'a pas le courage de gronder son petit aventurier.
C'est ainsi que tout se termine bien...
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